Il est historiquement avéré que la tour Eiffel a été financée par la dette haïtienne. En effet, au 19e siècle dans un contexte de domination coloniale et esclavagiste incarné par Napoléon, une partie des fonds issus du pillage d’Haïti ont servi à la construction de la tour Eiffel. Au vue de la situation actuelle délicate en Haïti, il serait bienveillant d’aider à redresser ce pays et favoriser sa reconstruction, la rescolarisation des enfants et, ainsi rétablir une certaine stabilité économique et sociétale.
Dans un contexte géopolitique et historique différent de celui de la dette imposée par la France et les Etats Unis à Haïti en 1804, année de son indépendance, un message fort de solidarité historique pourrait être envoyé au monde entier. Historiquement et selon l’ordonnance du 17 avril 1825 sous Charles X, l’indépendance d’Haïti s’est négociée contre le règlement d’une indemnité s’élevant à 150 millions de francs or. La dette coloniale et historique qui s’élevait à 525 millions d’euros en valeur cumulée (selon le New York Times) a été totalement remboursée en 1947. Sur la durée, on peut estimer que cela a coûté à Haïti entre 21-115 milliards de perte de croissance selon l’estimation du New York Times. Cette dette considérée comme indigne, a empêché le développement du pays et l’a maintenu dans une précarité structurelle dont nous constatons les effets aujourd’hui. La situation en Haïti depuis plusieurs années s’est empirée avec les enfants déscolarisés, l’apparition du chaos économique et maintenant la prise de pouvoir des gangs. N’est- il pas temps de mettre à jour nos rapports avec cet état qui représente l’indépendance vis à vis de l’impérialisme et du colonialisme Français?
Cette époque doit être révolue pour s’actualiser avec les réalités contemporaines géopolitiques de nos sociétés. Le monument porté par Gustave Eiffel lors de l’exposition universelle de 1889, symbole de la liberté dans le pays des lumières et ses valeurs universelles, à l’opportunité d’envoyer un message d’espoir global. Aujourd’hui, plus que jamais la capitale française compte un nombre de touristes sans précédent. La tour Eiffel fait rayonner la France à travers le monde et demeure l’attraction touristique numéro 1. On estime à 20 000 visiteurs par jour pour visiter la création de Gustave Eiffel, soit 7 millions de visiteurs par an, ce qui en fait le monument le plus visité au monde. Cela représente un chiffre d’affaires annuel de 80M€ (2015) minimum et qui peut aller jusqu’à 120M€ (2023).
Ainsi, je propose la mise en place d’un pourcentage symbolique de 5% des recettes annuelles réalisées en entrée des visiteurs de la Tour Eiffel, reversé directement à Haïti. Cela permettra de tendre la main à ce pays important dans l’histoire de l’indépendance démocratique et de financer des infrastructures, de stabiliser politiquement le pays et donc permettre aux enfants de retourner à l’école. C’est bien dans un souci de réconciliation entre les peuples et son passé colonial que la France se doit de donner l’exemple avec Haïti en montrant de la bonté et de l’aplomb. La tour Eiffel est exploitée commercialement par une entreprise privée (SETE) mais la mairie de Paris en demeure l’actionnaire principal. Il est donc relativement aisé d’inclure cette réforme positive à la feuille de route institutionnelle.
Cette solidarité économique et réparatrice serait quasi insignifiante pour la France et ferait une différence significative pour Haïti dans cette période vitale.
Cette pétition sera la première marche d’une conscientisation humaniste et universelle nécessaire aux enjeux actuels de notre monde.