Pétition

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19/06/2029

Stop à la mainmise des milliardaires sur nos médias et nos livres

Pierre HONORE

Nous demandons à l’Assemblée nationale de légiférer d’urgence pour renforcer les dispositifs anti-concentration dans les secteurs des médias, de l’édition et de la culture. L’objectif est de garantir qu’aucun acteur économique unique ne puisse exercer une influence disproportionnée sur la formation de l’opinion publique et la diversité culturelle française.

La démocratie française repose sur le droit des citoyens à une information libre, plurielle et indépendante. Or, le paysage médiatique actuel révèle une vulnérabilité critique : la possibilité pour un seul groupe industriel de constituer un monopole de fait sur l’ensemble de la chaîne de production intellectuelle et culturelle.

Un monopole tentaculaire et omniprésent
L’empire bâti par Vincent Bolloré illustre aujourd’hui les limites de notre cadre légal. Son influence s’étend désormais de manière hégémonique sur tous les supports du quotidien des Français :

L’information et l’audiovisuel : À travers le contrôle de chaînes d’information en continu (CNews), de chaînes généralistes (Canal+, C8), de radios nationales (Europe 1, Europe 2, RFM) et de la presse écrite (Le Journal du Dimanche, Paris Match, Prisma Media).

L’édition : Avec la mainmise sur le groupe Hachette, le contrôle s’exerce sur les manuels scolaires (Hatier), la littérature (Grasset, Fayard, Stock) et la distribution (Relay). Le récent évincement d’Olivier Nora de la direction de Grasset souligne la fragilité de l’indépendance éditoriale face aux intérêts de l’actionnaire.

La culture et le divertissement : De la production de jeux vidéo (Gameloft) à la musique (Universal Music Group) en passant par les salles de spectacles historiques (L’Olympia), c’est tout l’imaginaire collectif qui se retrouve sous une direction unique.

Cette omniprésence permet une « verticalité » de l’information où les contenus peuvent être coordonnés pour servir une vision idéologique ou des intérêts privés. En mars 2024, Vincent Bolloré affirmait sous serment devant la commission d’enquête parlementaire ne jamais intervenir dans les contenus. Pourtant, des témoignages récents, comme celui de Philippe de Villiers dans son ouvrage publié chez Fayard (groupe Bolloré), révèlent une réalité inverse : une intervention directe du propriétaire pour recruter des éditorialistes et dicter des lignes de conduite à l’antenne.

Lorsqu’un propriétaire peut, par sa simple volonté, congédier un dirigeant de maison d’édition ou imposer une figure médiatique sur une chaîne d’information, le principe d’indépendance journalistique et éditoriale disparaît.

Le « système Bolloré » n’est pas ici visé pour lui-même, mais comme le symptôme le plus abouti d’un système légal obsolète qui permet à une puissance financière d’étouffer la pluralité. Nous demandons :

Le renforcement des lois anti-concentration : Abaisser les seuils de détention de capital dans les médias pour interdire à un même groupe de posséder simultanément des positions dominantes dans la télévision, la radio, la presse et l’édition.

L’indépendance juridique des rédactions : Créer un statut juridique pour les rédactions, leur permettant de s’opposer à la nomination d’un directeur ou à une orientation éditoriale imposée par l’actionnaire si celle-ci contrevient à la déontologie.

La protection du secteur de l’édition : Sanctuariser l’indépendance des maisons d’édition pour éviter que la diversité littéraire ne devienne un outil de propagande ou de censure économique.

Pour que la France reste une terre de débat et de culture, aucun homme ne doit pouvoir contrôler ce que le peuple pense, lit ou regarde.