Nous, assistants médicaux titulaires du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) d’assistant médical, formés et financés par nos employeurs dans le cadre du dispositif mis en place par l’État depuis 2019, souhaitons attirer votre attention sur une injustice criante dans la reconnaissance de notre fonction.
Aujourd’hui, bien que notre métier ait été créé pour répondre à des besoins urgents de coordination et de fluidification des soins en médecine de ville, aucune revalorisation salariale légale ni reconnaissance statutaire claire ne vient accompagner l’obtention de notre certification.
Pourtant, dans les faits, les assistants médicaux :
– Assurent des tâches administratives complexes (gestion de cabinet, suivi de dossier, transmission des données médicales)
– Réalisent des actes cliniques de base (prise de constantes, suivi vaccinal, préparation de consultation)
– Permettent au médecin d’augmenter son activité grâce à une meilleure organisation
– Et contribuent directement à la rentabilité du cabinet
À l’inverse, d’autres professionnels de santé comme les manipulateurs radio ayant bénéficié d’une montée en compétences via une formation financée par l’employeur (ex : DIU d’échographie d’acquisition), bénéficient automatiquement d’une revalorisation salariale et d’un changement de statut.
Nous demandons donc :
1. La **mise en place d’un cadre statutaire national** pour les assistants médicaux titulaires du CQP
2. Une **revalorisation salariale automatique** liée à l’obtention du CQP
3. L’intégration des assistants médicaux dans une **classification claire** dans les conventions collectives (secteur libéral comme hospitalier)
4. La **valorisation des compétences acquises** par certification dans le parcours professionnel
Nous ne remettons pas en cause l’utilité du dispositif, ni les efforts consentis par les médecins employeurs, mais nous dénonçons une absence de reconnaissance institutionnelle qui alimente le sentiment d’injustice, de démotivation et parfois même de départ du métier.
Dans un contexte de pénurie de personnel et de surcharge des professionnels de santé, il est impératif de valoriser celles et ceux qui contribuent, au quotidien, à l’amélioration du système de soins de premier recours.