Pétition

Nombre de signatures:

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Date limite:

19/06/2029

Pour la non-intervention de la France en Iran et le refus d’une nouvelle guerre « préventive »

Redha AMEZIANI

Depuis plusieurs décennies, le Proche et le Moyen-Orient sont le théâtre d’interventions militaires extérieures qui ont conduit à la déstabilisation durable de nations entières (Irak, Libye, Syrie, Palestine, Liban). Aujourd’hui, sous couvert de « guerre préventive », une rhétorique belliqueuse cible l’Iran, menaçant d’entraîner la région, et la France avec elle, dans un conflit aux conséquences imprévisibles.

1. Refus de la doctrine de la « frappe préventive » :
L’histoire récente, notamment le précédent des « armes de destruction massive » en Irak, nous a montré les dérives des interventions basées sur des menaces hypothétiques. La France ne doit pas cautionner une stratégie de frappe anticipée qui bafoue le droit international et la souveraineté des Nations.

2. Une escalade contraire aux intérêts français et européens :
Une implication française, même indirecte, dans un conflit contre l’Iran porterait un préjudice grave à nos intérêts :
– humains : Le refus d’être complices de pertes civiles massives y compris de militaires Français, à l’heure où les bilans tragiques de Gaza pèsent déjà sur la conscience internationale. Nous ne pouvons accepter que des dirigeants jouent ainsi avec des vies humaines ;
– économiques : Une guerre dans le détroit d’Ormuz provoquerait une explosion des prix du pétrole et de l’énergie, pénalisant l’économie française au profit des nations productrices ;
– financiers : Le coût exorbitant des interventions militaires et, par la suite, celui de la reconstruction, pèsent systématiquement sur les contribuables européens alors que les décisions de guerre sont prises ailleurs.

3. Souveraineté et neutralité diplomatique :
La France doit retrouver sa voix singulière. Elle ne peut être l’auxiliaire de la politique étrangère des États-Unis ou d’Israël. Les réponses iraniennes actuelles, souvent présentées comme des agressions indiscriminées, s’inscrivent dans une logique de réponse aux bases militaires étrangères environnantes et impliquées dans le conflit. La France doit agir pour la désescalade plutôt que de participer à un encerclement militaire.

4. Le refus du « deux poids, deux mesures » et de la loi du plus fort :
Si la nature du régime iranien peut faire l’objet de critiques légitimes sur les droits humains, la France ne saurait cautionner une politique d’ingérence à géométrie variable. À l’instar de la Russie ou de la Chine, dont les modèles de gouvernance ne sont pas les nôtres mais avec lesquels nous privilégions la diplomatie pour éviter un conflit mondial, l’Iran ne doit pas être la cible d’une « exception militaire ».

L’hypocrisie de la stratégie américaine est ici flagrante : la force n’est employée que contre les nations jugées suffisamment vulnérables pour être frappées sans risque de représailles globales immédiates. Cette « loi du plus fort » déguisée en mission morale est un dévoiement de la justice internationale.

5. Un désastre social et humain programmé :
Au-delà du bilan humain des bombardements, une intervention militaire ou un durcissement du blocus détruirait structurellement l’économie iranienne. Une telle déstabilisation ne ferait que plonger une population déjà éprouvée dans une précarité extrême, anéantissant toute chance d’évolution interne pacifique et créant, à terme, de nouvelles crises migratoires dont l’Europe subira seule les conséquences.

Les signataires de cette pétition demandent officiellement au Gouvernement français et à la représentation nationale :
– de s’engager publiquement à ne participer à aucune opération militaire, directe ou indirecte (soutien logistique, renseignement), visant le territoire iranien ;
– de participer à la stricte défense des territoires dans lesquels la France a des intérêts, si et seulement si, ceux-ci ne participent pas directement ou indirectement à l’agression en Iran. De même une attaque sur le territoire iranien ne peut être qualifiée de défense ;
– de refuser systématiquement le concept de guerre préventive au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU ;
– de privilégier exclusivement la voie diplomatique pour résoudre les tensions liées à la sécurité régionale et au dossier nucléaire iranien.