Pourquoi cette pétition est-elle nécessaire ?
Chaque année, plus d’un million de coloscopies sont réalisées en France. Cet examen est le pilier de la lutte contre le cancer colorectal qui, détecté tôt, se guérit dans 90 % des cas. Pourtant, la réalité logistique de cet examen est ignorée par notre système de santé : la préparation.
Actuellement, l’arrêt de travail n’est généralement délivré que pour le jour de l’examen. Or, la veille est une épreuve physique et psychologique qui rend toute activité professionnelle normale impossible.
La préparation consiste en l’ingestion d’une solution de lavage intestinal puissant. Ses effets sont immédiats, impérieux et fréquents. Comment un enseignant peut-il quitter sa classe ? Comment un chauffeur peut-il rester au volant ? Comment un ouvrier ou un employé de bureau peut-il gérer cette situation dans des sanitaires collectifs ?
Une coloscopie nécessite un jeûne strict et une hydratation contrôlée. La fatigue, les vertiges liés au manque de calories et le manque de sommeil (dû aux allers-retours nocturnes aux toilettes) mettent en danger le salarié et ses collègues. De plus, une préparation « bâclée » à cause des contraintes du travail rend l’examen illisible. Résultat : il faut recommencer, doublant ainsi les risques médicaux et les coûts pour la société. Travailler pendant une purge est une atteinte à la dignité du patient.
D’un point de vue économique, une prise en charge précoce contrebalance le coût global de cet arrêt supplémentaire, car plus de personnes franchiront le cap.
Actuellement il demeure très difficile de l’intégrer sans poser des congés supplémentaires.
Il faudrait :
– La création d’un arrêt de travail automatique « Dépistage et Prévention » couvrant la veille (dès 14h) et le jour de la coloscopie ;
– La suppression du délai de carence pour cet arrêt spécifique, afin de ne pas pénaliser financièrement ceux qui font la démarche de se faire dépister ;
– Une reconnaissance officielle de la pénibilité de la préparation dans les protocoles de soins de l’assurance maladie.
Parce que personne ne devrait avoir à choisir entre sa santé et son salaire, ou entre son dépistage et sa dignité au travail.